Un amour du foot qui dépasse les frontières

EURO 2016. Ils ne sont ni Espagnols ni Italiens et pourtant ils soutiennent ces équipes. A l’occasion du match qui opposait les deux nations au Stade de France le 27 juin dernier, des supporters Français, Maghrébins, Subsahariens, ou d’Afrique Australe ont exprimé leurs préférences pour encourager l’une des deux équipes. A l’encontre des préjugés nationalistes, ils ont fait part de leur joie pour vivre ce moment sportif fédérateur. Reportage.       

 Par Ndeye M’Boro Samb.

« Je supporte l’Italie car j’aime les Italiens ! Lorsque j’ai fait une demande de visa pour venir en Europe, seule l’Italie me l’avait octroyé. C’est grâce eux que j’ai pu me rendre en France.», justifie avec enthousiasme Camara, un jeune malien de 27 ans devant le Stade de France, quelques minutes avant le match Espagne-Italie le 27 juin dernier. C’est une foule de supporteurs de toutes origines qui avance vers le stade.

Espagnols, Italiens, Britanniques, Français, Mexicains, Maghrébins, ils sont d’abord venus pour le football. « En Algérie il y a un club de foot qui a les mêmes couleurs que l’Italie, en plus les Italiens jouent bien. Je les ai toujours supporté, à la Coupe du monde comme à l’Euro. J’aurais pu supporter les Espagnols parce qu’ils jouent bien aussi, mais je préfère l’Italie. », témoigne Karim, un Algérien de 19 ans.

Des cris de joies à l’intérieur du stade comme à l’extérieur se font échos. Idriss un Malien de 26 ans dit avec excitation : « Depuis que je suis tout petit je supporte l’Italie. Je suis pour la Juventus. Depuis que Zidane a joué dans ce club je les supporte. Balotelli l’a intégré en 2012, il est de ma génération. Je kiffe l’Italie plus que l’Espagne. »

Attablé à un café terrasse, Jérémy, un français âgé de 22 ans regarde le match avec concentration et témoigne  : «  Je donne la chance à tout le monde, c’est le football. Mais l’Italie mérite de gagner.  Je les soutiens car mon demi-frère est Italien et j’aime bien l’équipe nationale. Les joueurs sont rigoureux dans leur jeu, dans leur positionnement et dans la défense des joueurs. J’aime passer mes vacances en Italie et on y mange bien. Cependant c’est à contre cœur que je ne supporte pas l’Espagne car ils ont un bon palmarès avec le Barça, le Real, l’Atletico.»

Autour du stade, des jeunes se promènent et mangent des pop-corn. Parmi eux, Alfred un jeune congolais de 14 ans affiche sans complexe une passion pour l’Espagne : «  C’est une bonne équipe. Ils ont des bons joueurs. Certains sont dans de grands clubs, comme Ramos. Les Italiens je ne les aime pas, ils sont mauvais perdants. A la coupe du Monde de 2006 Zidane a eu un carton rouge à cause de Materrazzi. », 

A proximité du Stade de France, Jean Marc, un agent de sécurité posté à l’entrée de la brigade des pompiers déclare : «  Je suis pour l’Espagne. La première femme de mon père était une espagnol. Je me suis rendu en Espagne en vacances à Mayor et à la Costa brava. J’aime bien leur jeu, ils se distribuent la balle entre eux, joue en surface de réparation quand l’occasion se présente. Leur jeu est très soudé. Les italiens sont machos, ils font des manières, nous avons l’exemple de Materazzi. Zidane lui a répondu par ce fameux coup de tête mais il n’avait pas tort car Materrazzi l’avait provoqué et lui avait manqué de respect. 

 

Vincent quant à lui soutient « l’Espagne, même si l’Italie est une bonne équipe. J’ai 24 ans et de la famille espagnol, je suis mon cœur » dit-il. Noran son ami, 23 ans, supporte l’Italie et dit l’esprit plein de joie « J’aime l’Italie, il y’a de jolies femmes. J’apprécie leur manière de joué au foot, ils sont tactiques, disciplinés, et rigoureux. Insigne est mon joueur préféré. »

Le match se termine par la victoire des Italiens. Qu’ils soient supporteurs de l’Espagne ou de l’Italie, Britanniques, Français, Maliens, quittent le stade, joyeux, enthousiastes, excités. Pour Vincent et Noran la soirée ne fait que commencer. Ils se rendent à la fan zone du champs de Mars pour célébrer dans esprit de convivialité l’amour du foot, plus que pour fêter la victoire de l’Italie.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 × 2 =