Soutien aux journalistes algériens – Informer n’est pas un délit !

Le 23 octobre 2018, le journaliste et rédacteur en chef d’Algérie Part Abdou Semmar et le journaliste Merouane Boudiab ont été arrêtés par la gendarmerie nationale algérienne, puis placés sous mandat de dépôt jusqu’au 8 novembre. Leurs collaborateurs, Aboubakeur Mechemache et Oussama Kobbi, sont également sous le coup d’une enquête.

La rédaction d’Algérie Part, journal en ligne d’investigation et de décryptage, n’est pas la seule frappée par cette action judiciaire : Adlene Mellah, directeur des médias en ligne Algérie Direct et Dzair Presse, a également été interpellé.

Selon Reporters sans Frontières, les trois journalistes ont été arrêtés et poursuivis pour leur activité journalistique. Inculpés de diffamation et outrage aux institutions et atteinte à la vie privée, ils risquent des peines allant de deux à cinq ans de prison.

Sans préjuger des conclusions de l’instruction judiciaire, nous ne pouvons qu’exprimer notre profond étonnement et notre grave inquiétude face à l’extrême sévérité des mesures déployées à l’encontre de nos confrères.

La détention préventive dans une telle affaire est totalement injustifiée. La liberté de la presse est un droit fondamental. Les libertés d’expression et d’opinion ne sont pas des délits.

En écho aux récentes déclarations de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) et du Syndicat algérien des éditeurs de presse électroniques (SAEPE), nous dénonçons donc cette décision et demandons la remise en liberté immédiate de nos confrères.

Nous resterons vigilants quant au respect des droits de nos confrères et ne manquerons pas d’en rendre compte dans nos médias respectifs.

Nous exprimons enfin notre soutien à nos confrères, à leurs familles et à leurs proches ainsi qu’à tous les journalistes algériens, comme Saïd Chitour, fixeur et collaborateur de nombreux médias internationaux, emprisonné depuis le 6 juin 2017 au motif d’intelligence avec une puissance étrangère.

À l’initiative de Reporter Citoyen :
David Eloy, journaliste, président de Reporter Citoyen – John Paul Lepers, directeur de l’information de LaTéléLibre – François Longérinas, directeur de l’École des métiers de l’information (EMI) – Philippe Merlant, journaliste – Sabah Rahmani, journaliste, rédactrice en chef adjointe de Kaïzen – Sana Sbouaï, journaliste

Contact : soutienalgeriepart@gmail.com

Agir / En savoir plus :

Premiers signataires :
Hoda Saliby, journaliste, Courrier international – Jean Stern, rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty international France – Edwy Plenel, président de Mediapart – Malek Khadraoui, directeur de publication de inkyfada.com (Tunisie) – Jean Kouchner, journaliste, vice-président de l’Union Internationale de la Presse Francophone – Jean Tortrat, secrétaire général adjoint du SNJ-CGT – Vincent Lanier, premier secrétaire général, Syndicat des journalistes – Eric Chol, Courrier international – Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT – Christine Muratet, RFI – Edouard Perrin, Premières Lignes Télévision – Collectif Informer n’est pas un délitInternet sans frontièresSyndicat national des journalistes (SNJ)Simon Roger, journaliste, Le Monde – N’Fanteh Minteh, journaliste TV5 Monde Afrique – Anne Bocandé, journaliste – Emmanuel Gagnier, rédacteur en chef Cash Investigation – Pierre Ganz, journaliste, vice-président de l’Observatoire de la déontologie de l’information – Fidel Navamuel, journaliste, directeur du développement de l’ÉMI – Jules Giraudat, Forbidden Stories – Edouard Zambeaux, Périphéries, le podcast – François Gèze, éditeur – Jérôme Bouvier, président de Journalisme & Citoyenneté – Rachida El Azzouzi, responsable de la rubrique Maghreb, Mediapart – Corentin Chrétien, journaliste, Magnéto Presse – Louise Bartlett, journaliste, mediaeducation.fr et journaldusida.org – Said Essoulami, président du Centre for Media Freedom – Sébastien Hervieu, chef de rubrique Afrique de Courrier international – Vincent Dublange, correspondant de médias francophones en Éthiopie – Sonia Ghezali, journaliste, France 24 – Hicham Mansouri, journaliste marocain exilé en France – Léna Mauger, co-rédactrice en chef Revue XXI – Fatiha Aarour, journaliste – Laurence Lacour, journaliste, auteure, éditrice – Virginie Bétille, journaliste – Jean Michel Morel, collaborateur d’Orient XXI – Jaouad Mdidech, journaliste (Maroc) – Pierre-Yves Schneider, journaliste – Nicolas Blies et Stéphane Hueber-Blies, réalisateurs et auteurs – Amine Belghazi, journaliste et producteur de l’émission « 1 dîner 2 cons » – Alain Tonnoir, Reporter Citoyen – Lilia Blaise, journaliste – Justine Fontaine, journaliste – Corentin Pennarguear, journaliste, Courrier international – Raphaël Tresanini, reporter, KM Presse – Nathalie Leruch, journaliste, LaTéléLibre – Bita Aziminezhadan, journaliste freelance iranienne – Thierry Boussier, journaliste – Laura-Maï Gaveriaux, grand-reporter indépendante – Ali Lmrabet, journaliste marocain – Pascal Greboval, rédacteur en chef de Kaïzen – Carole Lembezat, responsable de la chaîne Sciences, Courrier international – Gabriel Hassan, rédacteur, Courrier international – Paul Grisot, chef de rubrique « 7 jours dans le monde », Courrier international – Mélanie Chenouard, Courrier international – Carole Lyon, journaliste, Courrier international – Nicolas Vescovacci, journaliste-réalisateur indépendant – Carolin Lohrenz, journaliste, chef du web Courrier international – Jean-Pierre Canet, Slug News

Avec le soutien de :
William Bourdon, avocat au Barreau de Paris – Henri Thulliez, avocat au Barreau de Paris – Abdellah Zaâzaâ, citoyen (Maroc) – Hamit Bozarslan, directeur d’études, EHESS, Paris – Mouad Eljohri, militant d’Annahj Addimocrati (Maroc) – Dr Irene Fernández-Molina, maître de conférence en Relations internationales, University of Exeter (Grande Bretagne) – Aicha Abounai, professeur à la Faculté de droit de Marrakech (Maroc) – Khadija Mohsen Finan, universitaire – Dr. Ferran Izquierdo, professeur de Relations Internationales, Universitat Autònoma de Barcelona (Espagne) – Fouad Abdelmoumni, activiste des droits humains (Maroc) – Naima Abdelmoumni, citoyenne (Maroc) – Souad Abdelmoumni, citoyenne (Maroc) – Said Fawzi, président de l’ASDHOM-France (Association de défense des droits de l’Homme au Maroc) – Aurèlia Mañé Estrada, Universitat de Barcelona (Espagne) – Miguel Hernando de Larramendi, Universidad de Castilla-La Mancha (Espagne) – Abdellatif Abouyoussef, citoyen – Saïd Karaoui, citoyen – Abdelilah Bouasria, écrivain (États-Unis-Maroc) – Omar Arbib, militant droits humains (Maroc) – Laura Feliu Martinez, professeure titulaire de Relations Internationales, Universitat Autònoma de Barcelona (Espagne) – Amina Miliani, citoyenne – Boualam Azahoum, universitaire, Lyon – Mounia Belkadi, militante pour les droits humains du Maroc – Ilham Cherqui, citoyen – Florence Rochefort, citoyenne – Bárbara Azaola Piazza, chercheuse, Universidad Castilla-La Mancha (Espagne) – Houda Ben Ghacham, universitaire (Tunisie) – Mohamed Bentahar, défenseur des droits humains et liberté d’expression – Josep Lluís Mateo Dieste, professeur, Universitat Autònoma de Barcelona (Espagne) – Ayoub Jaa, citoyen – Dounia Benqassem, universitaire, Casablanca (Maroc) – Larbi Maâninou, défenseur des droits humains – Boubaker Mounghir, président de la Ligue amazighe (Maroc) – Mustapha Bidouj, citoyen – Hassane Debbagh, citoyen – Slim Othmani, citoyen (Algérie) – Saddik Lahrach, citoyen – Juana Moreno Nieto, Sociologue, Aix-Marseille Université…

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