Quand La Villette se met aux couleurs du Maghreb

Khaled, Rachid Taha, la Fouine et bien d’autres artistes sont venus le 27 août au Parc de la Villette, à Paris, pour la 2e édition du Grand Ramdam. Pour ce concert gratuit, organisé au 27e jour du ramadan, ces artistes populaires ont tenu à fêter avec le public cette date importante chez les musulmans. Hana était sur place. Reportage.

Pour cette soirée, un cadre magnifique nous est donné. D’un côté, le canal, dans lequel on peut voir les reflets du soleil qui se couche. De l’autre, la scène, avec ses jeux de lumières et son mélange de sonorités orientales. On a l’impression de faire escale dans plusieurs pays du Maghreb. Avant le début du concert, des familles, accompagnées de leurs enfants, sont venues pique-niquer au bord du canal pour la coupure du jeûne. Des femmes portent leurs plus belles tenues : des robes traditionnelles, de couleurs très vives. Une manière pour elles de faire honneur à leur pays d’origine. Le public, composé de nombreuses nationalités, illustre bien le thème de la soirée : la tolérance et la paix.

Le concert est lancé à 21h30 par une présentatrice de France Ô. Et Khaled entre sur scène. « Didi », « Aïcha », tous ces titres que le public connaît par cœur pour les avoir chanté avec l’artiste. Beaucoup sont venus ce soir pour réécouter ces morceaux. « Ces musiques me rappellent mes souvenirs d’adolescence », explique une femme.

L’amie qui l’accompagne a fait le déplacement rien que pour voir le chanteur Takfarinas, qui interprète son nouveau titre, « Rosa Rosa ». A la demande de la présentatrice, il chante a cappella son titre phare, « Zaama Zaama ». Le public est ravi. Et cette femme a droit, en cadeau, à une bise du chanteur à la fin de l’interprétation.

Des filles, et même des mamans avec leurs enfants, se mettent à danser. Mais les hommes n’ont rien à leur envier et se débrouillent pas mal en pas de danse. A l’arrivée de La Fouine, une foule de jeunes se met à crier et tente de se rapprocher au maximum de la scène pour le voir. Il interprète deux ces titres, « D’où l’on vient » et « Papa ».

Cheb Bilal, Nacash & Hamby et Cheb Amar font honneur au Maghreb en utilisant différents styles musicaux : raï, rap… Sans oublier Younès, star au Maroc, révélé dans son pays par une émission équivalente à « La nouvelle star ».

Une génération d’artistes engagés

La présentatrice invite sur scène des artistes comme le jeune rappeur El Général, symbole de la révolution tunisienne. Ainsi que la jeune chanteuse Emel Mathlouti, qui raconte au public l’histoire de son titre « Ma parole est libre » avant de l’interpréter.

« Le 14 juillet 2007, sur la place de la Bastille, j’ai chanté pour la 1ère fois ce titre. Les paroles de cette chanson étaient prémonitoires car ensuite, je l’ai chantée dans la rue, en Tunisie, après le 14 janvier 2011. Elle parle des hommes libres qui n’ont pas peur. Elle traite du secret de la Rose rouge, qu’on a adulée pendant des années et dont on a enterré l’odeur un jour. Alors, elle est sortie avec son voile au feu pour appeler les hommes libres. Et pour ceux qui résistent, elle montre la voie. Nous sommes libres et notre parole aussi, mais n’oublions pas ceux qui souffrent ! » A la fin de son interprétation, la jeune chanteuse est saluée par des applaudissements pour l’émotion qu’elle a su transmettre. Dans le public, des Tunisiens manifestent leurs cris de joie.

Certains artistes font passer aux jeunes des messages de paix et de tolérance. D’autres leur demandent d’être plus clairvoyants sur ce qui se passe réellement en Libye comme Rachid Taha qui souligne qu’il « a peur pour l’avenir des autres pays » et rappelle que derrière ce conflit se cachent des intérêts économiques. « Ce ne sont pas les Libyens les véritables vainqueurs, mais c’est l’Europe qui a gagné », explique-t-il en faisant allusion aux puits de pétrole libyens.

Fort du succès de la 1ère édition l’an passé, 2 000 personnes étaient attendues. Selon la sécurité, ils ont atteint le nombre de 6 000 environ en fin de soirée. Aucun incident à signaler. Quelques enfants se sont perdus, mais ils ont été retrouvés très rapidement par les hommes de sécurité et rendus à leurs parents.

Un concert magique nous a été offert ce soir, avec des artistes qu’on a hâte de revoir l’année prochaine pour la 3e édition du Grand Ramdam.

Hana Ferroudj

 

 

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