Le jour où l’on refuse la misère

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ». C’est sur ces mots du Père Joseph Wresinski, prêtre français, que le 17 octobre 1987 fût décrété « journée mondiale du refus de la misère ». Ce jour-là, 100 000 personnes, rassemblées à Paris sur le parvis du Trocadéro, répondaient à son appel : s’unir pour faire respecter les Droits de l’homme afin de lutter ensemble contre la misère. Depuis, le 17 octobre de chaque année, un rassemblement est organisé au Trocadéro pour réaffirmer cette nécessité. Reportage.

Paris 16e, Parvis des libertés et des droits de l’Homme au Trocadéro. Il est 11h, mais l’ambiance est déjà au rendez-vous. Au micro, une bénévole explique les animations et le programme de la journée : bibliothèque de rue, jeux, ateliers graph, expositions, témoignages, université populaire et concerts. Touristes et participants se mélangent en quête d’informations, on en oublie presque la température glaciale qui frise 0°C.


Premier stand. Christian, un bénévole, me propose de « faire un dessin de soutien aux familles pauvres ». Ajouté aux quelques centaines déjà faits, ils formeront une fresque géante symbolisant le soutien aux familles vivant dans des conditions misérables. Mais cette année, explique Gilles Degatier, responsable du foyer « La mie de pain » dans le 13e arrondissement de Paris, qui prévient le risque d’exclusion des jeunes en situation sociale fragile, « les jeunes sont à l’honneur ». Avec 45 % des pauvres qui ont moins de 25 ans, une prise de conscience collective s’impose, et c’est ce qui justifie la présence des jeunes scouts de Vitry-sur-Seine, venus animer l’événement avec un jeu de l’oie qu’ils ont eux-mêmes inventé. Mais également là pour mener « une réflexion collective sur ce sujet compliqué », explique Madeleine, élève en classe de 1ère.

A quelques mètres, l’atelier graph bat son plein. Pour Valérie, animatrice, cet art de rue est un moyen d’expression. Il s’agit donc d’écrire des mots forts et de les exposer autour du chapiteau qui abritera l’université populaire en fin d’après-midi. Une université très attendue, qui permettra aux uns et aux autres d’échanger et de réfléchir sur le thème de la misère.


Au Trocadéro, ce matin, c’est comme si le Père Joseph Wresinski revivait. Pas besoin de médecins pour soigner ou d’économistes pour analyser la pauvreté : juste des âmes de bonne volonté qui s’unissent pour élever le regard sur un fléau qui, en plus des conditions de vie d’extrême pauvreté, crée l’exclusion sociale.

Fatoumata Diallo

« La misère est l’œuvre des Hommes, seuls les Hommes peuvent la détruire » (Père Joseph Wresinski)

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