Journaliste télé : expériences croisées

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Par Samia Benzaid

Le 13 décembre dernier, une rencontre pas comme les autres a eu lieu à LaTéléLibre. Les reporters citoyens et deux journalistes de télévision, se sont rencontrés pour un échange. Anne Loussouarn, journaliste et réalisatrice documentaire et Florent Chevolleau, ancien journaliste, devenu rédacteur en chef d’une société de production, ont, à tour de rôle, pris la parole. Alors qu’ils étaient collègues de promo, leurs carrières n’ont que peu de choses en commun. C’est au tour d’une table, d’un verre, dans une ambiance décontractée, qu’ils ont raconté leur parcours complètement différents.

Anne Loussouarn, une journaliste audacieuse, partie s’expatrier en Chine

Anne Loussouarn a tout plaqué à l’âge de 24 ans, “même son conjoint”, pour aller faire du journalisme en Chine. Pendant 10 ans elle a travaillé dans le pays qu’elle rêvait d’explorer depuis son enfance. Alors qu’elle est tout juste diplômée de l’IEP PARIS et du CFJ, un parcours plutôt de classique, elle n’hésite pas à sortir de sa zone de confort pour faire du journalisme à sa guise. « Je ne voulais laisser personne décider pour moi. J’ai toujours rêvé de partir à l’étranger. J’ai décidé de partir toute seule, et tout de suite, en Chine, en sachant qu’en France, les rédactions mettraient trop de temps à me laisser partir à l’étranger. J’ai laissé mon appart et mes affaires…».

Elle raconte ne pas s’être laissée impressionner par le danger d’exercer son travail à l’étranger, surtout dans la Chine des années 90. « J’ai été la première à filmer parce que je savais « me cacher » du pouvoir sur place», confit-elle. Une mission pas toujours évidente au vu de la surveillance qui existe dans le pays et qui oblige à déjouer l’autorité policière. Toutefois, Anne a su échapper à ce totalitarisme. Jusqu’au jour où, en 2001,le mal du pays la rattrape. «Au bout de 9 ans, j’avais le sentiment de ne pas connaître assez la France.» Elle se décide alors à rentrer en France, tout en continuant à travailler sur la Chine.

Florent Chevolleau, un journaliste de terrain devenu rédacteur en chef

Florent Chevolleau a lui aussi été formé au CFJ, école qu’il a intègre en 1990, après des études de droit et sciences politiques. A sa sortie il a la chance de gagner la Bourse Jean D’Arcy de France Télévisions, ce qui lui a permis d’acquérir trés vite de la crédibilité, confie-t-il dés le début de l’échange. Il passe alors 6 mois à travailler au sein de la rédaction du JT de France 2, pour ensuite  effectuer son service national en coopération en Jordanie.

A son retour, il travail pour Télé Matin, mais ne souhaite pas faire toute sa carrière à  France 2. C’est une “envie de changement”, comme il le dit lui-même, qui le conduit à être, depuis 8 ans,  rédacteur en chef de Magnéto Press. Il passe alors du terrain, à un autre face du journalisme. Lui qui s’est dit frustré de ne réaliser que des sujet d’une minute trente, se retrouve désormais à vendre les longs formats d’autres journalistes, à des chaînes de télévision. Il a notamment déjà vendu ceux d’Anne.

Il explique les nouvelles difficultés qu’il rencontre avec ce nouveau métier, comme le fait de ne pas pouvoir tout vendre comme il le souhaiterait. Même en étant aux commandes il reste soumis à la demande et aux codes de la télévision. “Choisir une boite de production impose un certain type de format ”.

L’échange d’expériences entre les deux journalistes expérimentés et les reporters citoyens a permis de  montrer que différentes pistes et manières de faire son métier existent.

 

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