Institut français à Alger : Un pont culturel entre les pays

Mme Potdevin. Crédit : Samia Benzaid
Mme Potdevin. Crédit : Samia Benzaid

Par Moussa Wagué

En plein cœur du centre ville d’Alger, se situe un lieu dédié à la culture française, bien connu par les Algérois : l’Institut français. Plus connu sous son ancien nom de Centre culturel français, il propose une variété d’événements culturels, ainsi que des cours de langue française.

Quand on passe le mur d’enceinte de l’Institut français, à Alger, on tombe d’abord sur une cours à la végétation luxuriante, pleine d’activités. Des jeunes gens vont et viennent, certains sont installés aux tables du café, d’autres se dirigent vers la médiathèque ou sortent de leurs cours de langue.

Christel Potdevin, adjointe au directeur de l’Institut français, travaille depuis 7 ans en Algérie. Avant d’intégrer l’équipe de l’Institut elle travaillait au sein du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France.  

Pont culturel entre la France et l’Algérie

“Le rôle de l’Institut français c’est de créer un lien entre la France et le pays dans lequel l’Institut est installé”, explique Mme Potdevin.

C’est d’autant plus vrai en Algérie, souligne-t-elle, qu’il y a une forte histoire entre les deux pays. Si aujourd’hui la colonisation est encore présente dans de nombreux esprits, la jeunesse semble vouloir créer de nouveaux liens. Par ailleurs la diaspora algérienne est importante en France, ce qui fait que des liens très forts existent entre les populations. Enfin la langue française reste très utilisée par une partie des Algériens. Des raisons qui expliquent que l’institut, qui compte 80 agents à temps plein et 60 enseignants vacataires, est sollicité selon Mme Potdevin.

Diffuser la culture

L’Institut français a deux missions : promouvoir la culture et enseigner la langue française.

Sa mission de promotion de la culture consiste à présenter des œuvres culturelles, des films, des créations artistiques… via l’organisation d’événements, de conférences, d’expositions ou de concerts par exemple. En 2017, l’Institut d’Alger a organisé 130 événements dont 38 séances de cinéma. Ce sont près de  23 600 spectateurs qui ont assisté aux différentes événements. L’année dernière les Algérois ont pu écouter d’Amel Brahim Djeloul, pour du chant lyrique, assister à la projection du documentaire algérien “ Dans ma tête un rond-point”, réalisé par Hassen Ferhani, ou rencontrer les musiciens du Trio Salhi.

Mais pour l’Institut il ne s’agit pas seulement de diffuser la culture. L’institution permet aussi de produire en venant en aide à la jeune création.  De jeunes réalisateurs ont été aidés pour la réalisation de courts métrages par exemple, explique Mme Potdevin. “Aujourd’hui on voit des résultats, avec des cinéastes prometteurs qui ont pu émerger, certains on pu intégrer la Fémis par exemple ”, souligne-t-elle. Des musiciens ont été aidés pour leur création.

Autre style de création : des ateliers de journalisme ont eu lieu pour La nuit des Idées par exemple, avec la production d’articles par les jeunes étudiants de l’école de de journalisme d’Alger.

Enseigner la langue française

L’enseignement de la langue française est la deuxième d’activité de l’Institut. Des cours de français sont dispensés toute l’année, des tests de langue, nécessaires pour pouvoir accéder à des études en France, sont organisé par l’Institut, qui joue aussi un rôle pour accompagner les étudiants qui veulent continuer leurs études en France, explique Mme Potdevin.

En 2017, plus de 7000 personnes se sont inscrites pour suivre des cours et elles étaient 30 000 à passer des examens.

Un engouement grandissant pour les études en France

Trente mille personnes inscrites pour passer des tests de langue et un serveur d’inscription qui bug : il n’en a pas fallu plus pour que des images d’une foule se pressant devant les portes de l’Institut fassent le tour du web en octobre dernier. C’est qu’entre entre 2016 et 2017 les inscriptions sont passées d’environ 22 000 à 30 000 personnes. Un chiffre qui montre l’engouement des jeunes, à l’opposé de l’idée reçue selon laquelle la mémoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance nourriraient encore des  rancunes entre les pays.

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