Des logements pour les étudiants

Le problème numéro un de beaucoup d’étudiants de l’université Paris-Est/Créteil dont les parents n’habitent pas le Val-de-Marne, c’est le logement. Le Secours Catholique a mis en place un service pour dépanner les plus démunis. Explications de Jeanne Barat, bénévole en charge de cette action, et de Salim, Reporter citoyen à Créteil, actuellement en Service civique dans cette association.

Il y a maintenant deux ans et demi, un jeune étudiant africain frappe à la porte de l’aumônerie de l’université de Créteil (UPEC). Il ne sait plus où dormir. Depuis des semaines, il va d’abri de fortune en abri de fortune. La seule réponse du 115 à son problème, c’est de partager les abris de secours des SDF, avec tout ce que cela sous-entend de promiscuité, de bagarres, de manque d’hygiène et surtout de nuits trop courtes…

Bien sûr, les aumôniers ne peuvent pas rester insensibles à cette détresse et ils se doutent bien que ce jeune n’est que le début d’une série de cas identiques, mais que faire ?

Premières urgences

Face à cette situation, la responsable de l’aumônerie de l’époque, sœur Nathalie Becquart, se tourne vers le Secours Catholique. Une convention de partenariat est alors signée entre l’association et l’aumônerie.

Sous l’impulsion de Bernard Baudry, responsable du logement pour le Val-de-Marne au Secours Catholique, quelques familles vont accepter d’ouvrir leur cœur et leur foyer pour accueillir ces jeunes en détresse. Quatre familles et une communauté religieuse constituent un réseau d’accueil d’urgence : il s’agit de recevoir pour une durée courte (un mois maximum) un jeune en détresse et de lui apporter pendant cette période un toit, bien sûr, mais aussi la chaleur d’un foyer. L’étudiant accueilli met à profit cette « embellie » pour accomplir toutes les démarches d’aide auxquelles il peut prétendre et relire son projet de vie (études, travail, etc.), la famille d’accueil jouant alors un rôle primordial d’assistance pour ce jeune, souvent déraciné.

Logements pérennes

Le réseau d’urgence s’adresse aux étudiants en grande détresse, sans ressource immédiate et sans toit. Mais les responsables de l’aumônerie doivent aussi faire face à des demandes sans doute moins vitales, mais tout aussi importantes : pas de garant, pas de revenus suffisants, mise à la rue par le « cousin » qui accueillait jusqu’à présent, partage d’un studio avec deux adultes et deux enfants… Et puis, il faut répondre à la question complémentaire de l’accueil d’urgence : que propose-t-on au bout d’un mois ?

La responsable de l’aumônerie et son équipe d’animation vont alors faire le lien avec leurs communautés afin d’accueillir quelques étudiants. Par l’intermédiaire du réseau « étudiants en communauté », de nouvelles pistes sont explorées. Le dialogue avec le Secours Catholique s’instaure davantage. Ainsi un bénévole du Secours Catholique, accompagné d’un jeune en service civique, va désormais prendre la responsabilité de ce service logement. Et celui-ci prend de l’ampleur grâce à un travail assidu de recherche de logements, tant chez des particuliers qu’auprès de congrégations religieuses : les sœurs des Sacrés Cœurs et de l’Adoration de Boissy-Saint-Léger mettent à disposition des étudiants six chambres pendant toute l’année universitaire, sans distinction de religion ni de nationalité ; les sœurs franciscaines de Fontenay-sous-Bois accueillent elles aussi des étudiantes ; le diocèse propose des chambres dans des presbytères.

Ces accueils sont autant de témoignages qui interpellent les particuliers, et de nouvelles portes s’ouvrent.

Faire face à l’afflux des demandes

À la fin du premier trimestre, quand il commence à faire froid, la demande se fait plus pressante. Il faut sans relâche continuer à prospecter pour trouver de nouveaux logements, intervenir dans les paroisses pour sensibiliser davantage au problème, distribuer des tracts, etc.

Le tableau des logements s’agrandit, mais les places libres restent rares. Le service Logement étudiant du Secours Catholique a donc besoin de logements à des prix abordables (de 250 à 350 € mensuels, charges comprises). Avis aux amateurs…

Service Logement étudiant du Secours Catholique

2, rue Pasteur Vallery Radot 94000 Créteil

Tél. : 06 73 97 62 52 (Jeanne Barat, bénévole)