Les frères Galignani, bienfaiteurs de Corbeil-Essonnes

Crédit : Alexandre Ben Hamida

 

 

Par Houria Mabrouk

La visite de la ville de Corbeil-Essonnes le samedi 24 mars 2018 a donné lieu à de nombreuses découvertes historiques. En suivant le guide, nous arrivons sur la place de l’hôtel de ville. Une imposante sculpture représente deux hommes : les frères Galignani.

John-Anthony et William ont vécu durant le XIXe siècle et ont fait fortune dans le monde de l’édition à Londres. Britanniques par leur mère, originaire d’Italie par leur père, ils devinrent Français de cœur. Leur père Timon, leur transmet leur goût de la littérature. Comme lui, ses fils seront à la tête du journal : Messager, ils en feront un quotidien à succès.

Entre deux origines

Les Galignani, c’est aussi l’histoire d’une fratrie tiraillée entre leurs origines anglaises et leur patrie de cœur : la France. Pourtant, cela a permis aux deux hommes d’être les représentants de la nouvelle alliance entre les deux pays, comme le dit si bien leur biographe Maxime Du Camp. Selon ce dernier, Le Messager est devenu « l’agent le plus  énergique de  « l’entente cordiale », la grande alliance du début du XXe siècle entre la France et l’Angleterre. Il dit à propos du journal que durant les années de tensions de ce début de siècle : « il adoucit des prétentions et atténua des ressentiments entre les deux nations qui auraient pu entrer dans des conflits redoutables ».

Par ailleurs, cette double culture permit aux deux frères de faire fortune en ouvrant une librairie qui centralisait les principaux ouvrages anglais.

Cette fortune, les Galignani la partagèrent avec la France. La ville de Corbeil-Essonnes peut en témoigner; entre 1873 et 1883, Antoine, comme il est nommé en France, et William ont œuvré à la modernisation des infrastructures sanitaires de la ville. Ces philanthropes ont fait d’importantes donations qui ont ainsi permis à la ville de financer des établissements de santé tels qu’un hôpital, un hospice, des structures d’enseignement comme l’école de filles, ou encore l’orphelinat de la ville.

Corbeil leur a rendu hommage en installant devant la mairie une statut dont l’auteur est un grand nom du deuxième art : le sculpteur Henri Chapu, connu pour des oeuvres qui ornent l’Opéra Garnier, l’hôtel de Ville ou encore la Gare du Nord.

La librairie des Galignani resta célèbre. Située au coeur de Paris, elle est toujours visitée par les amoureux de la lecture.

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