François Hollande : son programme pour la jeunesse

C’est à la Maison des Métallos, à Paris, que François Hollande a donné rendez-vous à la presse, ce jeudi 26 janvier 2012, pour annoncer son programme électoral. Pour soutenir le candidat, les grandes figures du Parti socialiste ont fait le déplacement : Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius, Ségolène Royal… Sur place, Hana (Stains) a surtout prêté attention aux mesures annoncées en faveur des jeunes.

Devant 400 journalistes, François Hollande a dévoilé les grands axes de son programme en promettant des changements pour le pays si les Français décident de l’élire : lucidité sur la gravité de la crise, volonté de redresser le pays au niveau économique, justice pour les Français et dans le monde… Et encore : souci de redonner espoir aux nouvelles générations, « une République exemplaire » et « une France qui fasse entendre sa voix ».

Lors de cette conférence de presse, François Hollande a rappelé l’un des thèmes phares de sa campagne : son engagement auprès de la jeunesse. D’après lui, « ce qui compte pour les Français, c’est la réussite de la génération future ». Ses propositions visent à lutter contre la précarité et le chômage des jeunes. Par exemple, la création d’un « contrat de génération », déjà évoquée lors du rassemblement du Bourget le 22 janvier. Concrètement, ce contrat consiste à embaucher un jeune en CDI. En échange, l’employeur sera exonéré de charges sociales. Le coût de la mesure est évalué à 4 500 euros par contrat. Autre intérêt, le jeune aura accès à un « tutorat » dans l’entreprise. Le tuteur sera un senior ayant pour objectif de transmettre son expérience au jeune. En contrepartie, il gardera son emploi dans l’entreprise jusqu’à la retraite et bénéficiera d’une pension à taux plein. L’objectif pour François Hollande est de créer 500 000 contrats de ce type.

Pour les jeunes issus des quartiers populaires, 150 000 « emplois d’avenir » vont être créés afin de favoriser leur insertion professionnelle. Cela ressemble beaucoup aux « emplois jeunes » lancés par Lionel Jospin en 1997. Selon François Hollande, « le but est de professionnaliser et de pérenniser ces emplois ».

Autre priorité du candidat socialiste, la lutte contre la déscolarisation : « Un jeune sur six quitte le système scolaire sans aucun diplôme ni qualification. Et trois ans après, la moitié se retrouvent au chômage. » Son objectif est de réduire de moitié le taux d’échec scolaire. Les dispositions prises porteront sur le rythme et l’accompagnement scolaires, ainsi que la création de postes supplémentaires (12 000 par an pendant cinq ans, donc 60 000 postes au total). Ces créations de postes concerneront l’ensemble du personnel de l’Éducation nationale (professeurs, surveillants, infirmières…) et un accompagnement personnalisé sera mis en place pour les jeunes en difficultés. François Hollande veut aussi améliorer les méthodes pédagogiques dans les lycées et collèges avec l’aide du corps enseignant.

Autre dispositif annoncé par le candidat du PS : « Tout jeune déscolarisé de 16 à 18 ans se verra proposer un parcours d’apprentissage, de formation ou un service civique, c’est une garantie pour accéder à un emploi et personne ne sera mis à l’écart ». Enfin, une « allocation d’autonomie » sera accordée, sous condition de ressources, aux jeunes en formation, universitaire ou professionnelle.

Pour financer toutes ces propositions, 5 milliards d’euros seront dégagés pour soutenir l’emploi des jeunes et la lutte contre le chômage : 2,3 milliards pour le contrat de génération et 2 milliards pour les emplois d’avenir. Quant à l’allocation d’autonomie, François Hollande, prudent, n’a pas chiffré cette proposition : il a simplement indiqué que ce dispositif verra le jour lorsque « l’État aura les ressources financières nécessaires ».

A l’annonce de ces propositions, je me suis demandé si son programme était vraiment réalisable. Si François Hollande devient président, il devra trouver 20 milliards pour tenir ses 60 engagements jusqu’en 2017. Sachant que la France a une dette publique estimée à 85 % de son Produit intérieur brut et que la croissance n’atteint pas les 1 %, où va t-il trouver cet argent ?

Étant jeune moi-même, je me suis pas sentie davantage rassurée pour l’avenir. Et je me demande si ses propositions ne sont pas de simples effets d’annonces. On verra, dans les prochaines semaines, si le candidat socialiste va donner plus de détails sur la manière dont il va financer son programme.

Hana Ferroudj